L'Ours : Histoire d'un roi déchu

By Michel Pastoureau

Longtemps en Europe le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours, admiré, vénéré, pensé comme un guardian ou un ancêtre de l'homme. Les cultes dont il a fait l'objet plusieurs dizaines de millénaires avant notre ère ont laissé des strains dans l’imaginaire et les mythologies jusqu’au cœur du Moyen Âge chrétien. De bonne heure l'Église chercha à les éradiquer. Prélats et théologiens étaient effrayés par l. a. strength brutale du fauve, par l. a. fascination qu’il exerçait sur les rois et les chasseurs et surtout par une croyance, largement répandue, selon laquelle l’ours mâle était sexuellement attiré par les jeunes femmes. Il les enlevait et les violait. De ces unions naissaient des êtres mi-hommes mi-ours, tous guerriers invincibles, fondateurs de dynasties ou ancêtres totémiques. Michel Pastoureau retrace les différents facets de cette lutte de l’Église contre l’ours pendant près d’un millénaire : massacres de grande ampleur, diabolisation systématique, transformation du fauve redoutable en une bête de cirque, promoting du lion sur le trône animal. Mais l’auteur ne s’arrête pas à l. a. fin du Moyen Âge. Inscrivant l’histoire culturelle de l’ours dans los angeles longue durée, il tente de cerner ce qui, jusqu’à nos jours, a survécu de son ancienne dignité royale. Le livre se termine ainsi par l’étonnante histoire de l'ours en peluche, dernier écho d’une relation passionnelle venue du fond des âges : de même que l'homme du Paléolithique partageait parfois ses peurs et ses cavernes avec l'ours, de même l'enfant du XXIe siècle partage encore ses frayeurs et son lit avec un ourson, son double, son ange gardien, peut-être son top-rated dieu.

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Cette dernière hypothèse a longtemps prévalu mais elle est aujourd’hui rejetée par tous les spécialistes. Ceux-ci s’accordent pour reconnaître que l’apparition des armoiries en Europe occidentale est liée d’une half aux differences de los angeles société féodale après l’an mille, d’autre half à l’évolution de l’équipement militaire entre los angeles fin du XIe siècle et les premières décennies du XIIe : il n’existe pas encore d’armoiries à l’époque de los angeles première croisade (1096-1099), mais elles sont déjà en position au second de l. a. deuxième (1147-1149)366. On discover en effet qu’entre ces deux dates les combattants occidentaux, rendus méconnaissables par le capuchon de leur haubert et par le nasal de leur casque, prennent peu à peu l’habitude de faire représenter sur l. a. grande floor de leur bouclier en forme d’amande des figures leur servant de signes de reconnaissance au cœur de l. a. mêlée des batailles et des tournois. Ces figures sont géométriques, animales ou florales. Elles sont peintes en couleurs et deviennent de véritables armoiries à partir du second où leur emploi est consistent chez un même personnage et où leur représentation obéit à quelques principes simples, fixes et récurrents. Cela se situe un peu avant le milieu du XIIe siècle. Toutefois, cette origine matérielle, liée à l’évolution de l’équipement militaire, n’explique pas tout. L’apparition des armoiries se rattache plus profondément au nouvel ordre qui gouverne l. a. société occidentale à l’époque seigneuriale. Comme les noms patronymiques, qui naissent au même second, ou comme les attributs iconographiques, qui commencent à se multiplier dans les photos, l’héraldique apporte des signes d’identité nouveaux à une société en educate de se réorganiser. Elle aide à placer les individus dans des groupes et ces groupes dans l’ensemble du système social. De ce fait, les armoiries, qui à l’origine étaient des emblèmes individuels, opèrent une greffe rapide sur l. a. parenté ; dès los angeles seconde moitié du XIIe siècle, au sein d’une même famille, leur utilization devient héréditaire, et c’est ce caractère familial et héréditaire qui leur donne leur essence définitive367. D’abord utilisées par les princes et les grands seigneurs, les armoiries sont en effet progressivement adoptées par l’ensemble de l’aristocratie occidentale. Au début du XIIIe siècle, toute los angeles petite et moyenne noblesse en est pourvue. Puis, au fil des décennies, leur emploi s’étend aux non-combattants, aux non-nobles et à différentes personnes morales. En fait, c’est essentiellement par les sceaux que cet utilization des armoiries s’est étendu aux non-combattants. Très tôt, en effet, seigneurs et chevaliers ne se contentèrent pas de faire peindre sur leur bouclier les armoiries qu’ils venaient d’adopter ; ils les firent également représenter sur leur bannière, sur l. a. housse de leur cheval, sur leur cotte d’armes, puis sur différents biens meubles et immeubles leur appartenant, dont principalement leur sceau, symbole de leur personnalité juridique. Peu à peu, toutes les personnes qui possédaient un sceau prirent l’habitude d’en remplir le champ au moyen d’armoiries, comme le faisaient les princes et les seigneurs.

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